Mon chien grogne : comprendre et réagir

Mon chien grogne, comment réagir et le comprendre. Est-ce un comportement normal ? Mon chien est-il dangereux ? Dois-je l’abandonner ou pire le faire euthanasier ?

Bon nombre de propriétaire de chiens pense, à tort, que leur chien est devenu méchant au premier grognement et qu’il est trop risqué de le garder. Une grande majorité d’abandon dans les refuges est motivé pour cette raison.

 

Un chien peut grogner sur son humain pour différentes raisons : inconfort, place hiérarchique mal définie ou douleurs.

Nous allons nous intéresser dans un premier temps à l’inconfort.

 

L’INCONFORT

 

 

Le chien peut exprimer qu’une situation le met mal à l’aise en grognant. Ce n’est pas une menace mais son moyen d’expression.

Le chien a un panel d’expressions bien plus limité qu’un humain :

  • Battements de queue s’il est content
  • Signaux d’apaisement (bâillements, clignotements des yeux, léchage des babines, détournement du regard…)
  • Aboiements 
  • Positionnement corporel (oreilles, queue, corps)
  • Grognements
Certains chiens peuvent grogner si on s’approche de leur panier quand ils dorment car ils se sentent menacés dans leur refuge,  s’ils sont confrontés à une situation anxiogène, à l’approche de congénères, en contact avec des enfants turbulents, à certaines manipulations (brossage, blessure), à la suite d’ un passif de maltraitance qui a engendré une peur de l’humain, à des gestes violents à son encontre, à l’approche de sa gamelle ou de son jouet (peur qu’on lui enlève). Le grognement lié à toutes ces situations  est tout à fait normal ! Votre chien n’est pas devenu un monstre sanguinaire. Il exprime simplement son inconfort, il vous dit “je ne suis pas à l’aise avec cette situation, arrête stp“.

PLACE HIERARCHIQUE

Les chiens vivent en société hiérarchisée, c’est leur organisation sociale. Ils sont des espèces sociales et sociables, leur organisation sociale est proche de la nôtre, pour cette raison les chiens peuvent partager leur vie avec nous. Leurs rapports sociaux sont hiérarchisés et organisés : Selon leur particularité, chacun a sa place dans le groupe.

Pour la survie du groupe, l’ organisation sociale est essentielle pour permettre de cohabiter avec un minimum de conflits.

L’acquisition de la hiérarchie se construit lors des relations du chiot avec sa mère et avec sa fratrie, pour se développer ensuite aux membres de la famille humaine dans laquelle il vivra.

Cette hiérarchie sociale bien instaurée  au sein de la meute, évite les conflits et permet la clarté de la communication ; il s’agit d’une hiérarchie totalement verticale et multiple, il n’existe aucune égalité entre les membres de la meute, pas d’alter ego.

Dans nos comportements avec nos chiens, nous leur envoyons couramment des messages qu’ils interprètent comme « je suis le dominant » et d’autres messages qui signifient en langage canin « je me soumets et te considère comme mon dominant ». A partir de là, le chien ne sait plus ce qu’on attend de lui, ne sait plus où est sa place et cela perturbe considérablement notre relation.

Si votre chien a un potentiel génétique plutôt dominant, il va tenter de s’imposer à nous, encouragé par nos messages, le plus souvent inconscients. Nous allons alors être confronté à des problèmes d’agressivité car le chien ne comprendra pas qu’on ne le respecte pas toujours comme le dominant. Il vous le fera savoir par des grognements voir des morsures.

Si votre chien n’a pas du tout un potentiel de dominant, et qu’il pense qu’on lui demande d’assumer ce rôle pour lequel il se sent totalement désarmé, il développera des problèmes d’anxiété qu’il manifestera au travers de symptômes plus ou moins variés (malpropreté, insécurité permanente, plaies de léchages, comportements stéréotypés…).

 

DOULEURS

Tout comme nous, le chien peut souffrir d’une blessure, d’une maladie ou lors de la vieillesse.

Selon le caractère du chien, il peut accepter sans soucis d’être touché ou soigné sans manifester de grognements même s’il souffre énormément. Mon Léonberg Yuma a eu, de son vivant, beaucoup de soucis de santé et pas mal de soins. Il n’a jamais grogné sur moi ou sur les vétérinaires. A l’inverse, Bandit, mon Setter Anglais adopté en refuge à 6 ans, supporte mal d’être soigné. A son arrivée chez moi, lors de manipulations il ne grognait pas mais mordait directement. Son comportement était engendré par la peur. Avec de la patience et de la douceur, il accepte, aujourd’hui que je le soigne sans vouloir mordre.

Un chien qui vieillit a des douleurs dans son corps tout comme nous. Il a besoin de plus de sommeil et de calme. Si vous ou un enfant viennent l’importuner lorsqu’il dort ou le manipule à un endroit douloureux, il peut grogner pour vous avertir qu’il faut arrêter immédiatement votre action . C’est un comportement normal.

GRONDER SON CHIEN EST- IL LA SOLUTION ?

Le grognement  est souvent interprété par l’humain comme de l’agressivité parce qu’il est souvent suivi d’une morsure. Le chien est alors catalogué comme méchant.

Comme nous l’avons vu, le grognement est un moyen naturel de communiquer chez le chien. Par contre, la morsure ne l’est pas, elle doit être évitée.

L’erreur la plus commise par le maître quand son chien grogne est de le punir et de le disputer. Cette attitude va amener le chien à mordre.

Pourquoi ?

Les anciennes méthodes prodiguées par les éducateurs traditionnels recommandent de soumettre son chien en le plaquant violemment au sol dès qu’il sort du droit chemin. La sanction tombe immédiatement alors que le chien montre simplement son inconfort en grognant.

Bon nombre de morsures sur enfant, par exemple, pourraient être évitées. L’enfant malmène le chien ou vient l’embêter dans son panier : le chien grogne pour demander d’arrêter cette interaction, il se fait immédiatement, disputer. Il se dit alors “ok je préviens que la situation me met mal à l’aise et je me fais disputer. La prochaine fois je ne grognerais pas et je sanctionnerais toute de suite (morsures)“. En le disputant vous le réprimandez d’avoir partagé sa peur et de s’être exprimé ! Tout ce que vous allez engendré chez lui c’est d’appréhendé les enfants qu’il associera à la punition. Vous lui apprenez que grogner c’est mal. La prochaine fois il ne préviendra pas. 

Un chien disputé pour ses grognements comprendra qu’il ne doit pas le faire. Il attendra que la situation génère un état de  détresse important chez lui et mordra sans prévenir. Empêcher son chien de s’exprimer c’est le forcer à intérioriser son malaise et favoriser les comportements d’agressivité.

 

Mon chien grogne : que faire ?

Comprendre la cause du grognement

Que se passe t’il à ce moment là ? Veut il protéger un jouet, sa gamelle ? Veut-il qu’on le laisse tranquille ? A t’il mal quelque part ?

Travailler sur la cause du grognement

Une fois que vous avez déterminé la cause, vous allez devoir envoyer le message à votre chien qu’il n’a pas de raison de s’inquiéter et que la situation n’est pas matière à stresser.

Vous allez travailler par association positive. Exemple : le chien grogne quand vous vous approchez de son jouet. Vous restez en position statique dès que votre chien commence à grogner (çà peut être 2 m, 1 m, 50 cm). Votre chien ne grogne plus, vous le récompensez avec une friandise. L’objectif étant de diminuer progressivement la distance entre vous et votre chien sans qu’il émette de grognements. Au fur et à mesure la situation n’engendrera plus de stress chez lui et il finira par vous donner son jouet car il aura associé votre présence à quelque chose de positif (la friandise). 

Votre chien n’est pas un robot, il ressent des émotions. Ne le punissez pas s’ il les exprime mais au contraire faites en sorte de le comprendre et de lui montrer qu’il peut vous faire confiance. Votre relation n’en sera que plus harmonieuse et enrichissante.

N’hésitez pas à me faire part de vos expériences et comment vous avez procédé pour faire cesser les grognements de votre chien.

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